L’anniversaire de Clémence ? On vous raconte tout !

Clémence

 

Vous avez probablement aperçu la photo de Clémence dans le métro, Clémence un peu fatiguée mais Clémence heureuse. Moi je vous raconte tout puisque j’étais là. Clémence c’est une bonne copine, la bonne copine par excellence, si on me demandait demain de sculpter une statue à l’effigie de la Bonne Copine je la choisirais elle et je prendrais aussi énormément de cours parce que je ne suis pas la plus adroite. Toujours en pleine forme, énergique comme une mouche au bord de la piscine mais nettement moins pénible, à l’écoute, patiente, drôle, entraînante.

 

Sauf le soir de ses trente ans: “Bon les filles je suis vraiment crevée donc je pense pas faire grand-chose ce soir ou alors juste un petit verre rapide avec vous ça me fera plaisir”. Oui ça c’est une bonne idée un petit verre rapide on va d’habitude. Branle-bas de combat, vague de terreur au front et sur nos fronts, organisation de la contre-attaque. (sons de clairons et de cors) D’abord, semer le trouble dans l’armée adverse : trouver le petit endroit pas piqué des hannetons lors d’une balade hors des sentiers battus. On s’accorde sur ce que les anglophones ont pris l’habitude d’appeler un rooftop et qui doit pouvoir trouver une traduction relativement juste dans le terme de top toit. Clémence veut du calme et de la routine, qu’à cela ne tienne, voici ton cadeau, on fait le contraire de ce que tu veux.

 

Ensuite, clarifier la stratégie d’attaque et organiser les troupes. Une table rien qu’à nous, déclarée base des opérations, sera prête à accueillir les soldats agités que nous sommes dès la sortie du boulot. A quoi vous la reconnaîtrez ? Un petit panneau « Réservé », mot issu lui-même de la classique locution réserve militaire, tout cela accompagné de mon nom que je ne vous fais pas l’affront de vous redonner ici. Enfin, le combat, le vrai. Affronter les résistantes, faire sauter les barrières, conserver toujours un pas d’avance sur les stratégies ennemies. Comprendre dans le cas de notre inhabituellement léthargique Clémence : faire innocemment miroiter les merveilleux cocktails proposés à la carte, s’occuper de passer commande, repasser malencontreusement commande juste avant chaque tentative de départ.

 

Hélas ou fort heureusement, selon que l’on se place dans l’équipe de la nuit ou du réveil, l’équilibre de la bataille a basculé. Nous avons vite retrouvé face à nous la véritable Clémence, l’infatigable Clémence, la Clémence qui emporte tout dans son sillon qu’on a toujours été si heureuses de suivre au pas de course. Clémence sur notre table, Clémence qui parle à tout le monde, Clémence qui court vers la piste de danse en nous emportant d’une main ferme parce que c’est “maaaa chaaaaansoooooon”, Clémence qui hurle de rire alors que la lune passe au-dessus de nous, Clémence qui joue à la serveuse en nous apportant par surprise un plateau couvert de ces tout petits verres qui font de si grands dégâts, Clémence qui oublie totalement l’heure mais au fond qui en a quelque chose à faire de l’heure on le saura bien assez tôt quand il fera jour, Clémence qui nous emmène ailleurs mais si je connais ce tout petit truc c’est absolument charmant et génial allez on y va on fonce on court pas de temps à perdre avec le temps perdu, Clémence qui entre dans tous les endroits ouverts la nuit alors qu’on en distingue à peine la porte, Clémence qui nous entraîne toujours dans un tourbillon de rires, de danse, de rencontres, de surprises, de on va où j’en sais rien on continue on verra bien.

 

“Les filles vous êtes debout ? Je crois que mon crâne est en grève du coup j’arrive pas à savoir si ça me dispense d’aller au boulot. “